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 [Jean Cocteau] Les enfants terribles

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AuteurMessage
Lady Swan
succube des enfers
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Age : 21
Localisation : Québec

MessageSujet: [Jean Cocteau] Les enfants terribles   Mer 5 Déc - 1:16



Année d'édition : 1929
Edition : Grasset
Nombre de pages : 128
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Blessé par une pierre dissimulée dans une boule de neige, Paul est condamné à garder la chambre le temps de reprendre quelques forces : il ne la quittera plus. C'est encore un enfant, mais délaissé par une mère mélancolique, il est déjà livré à lui-même, gouverné par sa fantaisie et celle de sa soeur Élisabeth ; à eux deux, ils vont transformer leur chambre en scène permanente et y jouer indéfiniment la comédie de l'enfance. Comédie à peine troublée par la mort de la mère, qui les laisse libres de leur destin, libres d'explorer sans entraves leur univers imaginaire, libres de nier le monde réel, le monde des adultes, de la raison, qui semble ne jamais devoir les rattraper.


Dernière édition par Lady Swan le Sam 29 Déc - 1:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Jean Cocteau] Les enfants terribles   Mer 5 Déc - 10:55

Mon avis :

Paul, élève en classe de cinquième dans un établissement parisien, reçoit une boule de neige en pleine poitrine à la sortie des cours. On suspecte la boule de contenir une pierre, car Paul fait un malaise après avoir été percuté par celle-ci. La boule a été lancée par Dargelos, élève du même collège et caïd idolâtré par Paul. Suite à cet épisode, le collégien tombe malade et est contraint de garder la chambre. Il passera désormais le plus clair de son temps avec Élisabeth, sa sœur aînée qui a deux ans de plus que lui, qui tentera de le soigner au mieux dans leur chambre. Dans la pièce d’à côté est située leur mère, une femme infirme dont la jeune fille doit également s’occuper. Mais c’est une relation bien étrange qu’entretiennent Paul et Élisabeth, aussi forte que fusionnelle, entre amour et déchirement…

Tout d’abord, il faut savoir que la lecture de cet ouvrage est très spéciale. En effet, Jean Cocteau a une manière d’écrire bien à lui, qui fait que certains passages m’ont paru un peu nébuleux, ayant eu parfois du mal à le suivre. Néanmoins, j’ai été entièrement happée par cet ouvrage, puisque je pensais lire ce livre sur deux jours, mais finalement, j’ai embêté ma partenaire de lecture pour que l’on le lise d’une traite. Jean Cocteau a donc rempli son contrat d’auteur en parvenant à captiver son lectorat grâce à la qualité de sa plume.

Cependant, il faut bien reconnaître que cette intrigue m’a mis un peu mal à l’aise, en particulier la relation entre Élisabeth et Paul, qui est un peu glauque. En effet, ils sont rapidement enfermés dans cette même pièce et semblent inséparables malgré les embûches de la vie, comme si la destinée les empêchait de se séparer, et gare à ceux qui souhaiteraient s’immiscer dans leur vie privée. En effet, tels des héros tragiques, ils semblent condamnés à rester ensemble et à briser ceux tentant de se faire une place dans leur vie.

Dès les premières pages, on découvre que le père est absent et que la mère est lourdement handicapée – donc déjà un peu partie. Mais brutalement et avec une grande froideur, la mort de la mère est annoncée par le narrateur. J’ai été ébahie par l’attitude d’Élisabeth face à cette perte, qui réagit avec beaucoup de recul. Elle avait déjà pris la vie du foyer en main depuis un certain temps. À seize ans, elle se retrouve donc seule avec Paul. Le frère et la sœur ont une relation très étonnante : ils s’aiment, tout en se détestant, ont des propos très violents et des réactions disproportionnées, une fusion relativement incroyable, voire parfois malsaine. Malgré leur isolement, quelques personnages secondaires gravitent autour d’eux : Gérard (un ami de Paul), Agathe (une jeune femme rencontrée par Élisabeth avec laquelle elle se liera d’amitié), Michaël (le mari d’Élisabeth), Mariette (l’intendante), le médecin, Dargelos… Mais ils n’ont finalement que peu d’importance et permettent avant tout de développer de nouvelles facettes de Paul et sa sœur.

Le roman est scindé en deux parties, la première s’intéressant à l’adolescence de nos personnages, puis la seconde davantage portée sur la vie d’adulte de Paul et Élisabeth. J’ai préféré cette seconde partie, qui m’a davantage touchée. La fin, quant à elle, est assez inattendue et on se rend compte qu’Élisabeth est une vile manipulatrice.

Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas été totalement séduite par ce livre, étant parfois un peu gênée par le style de l’auteur et n’ayant pas non plus complètement adhéré à l’intrigue, mais il faut reconnaître l’originalité de ce roman et l’intérêt du lecteur qu’il parvient à susciter et à accroître page après page.
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Mélusine
psychopathe
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Date d'inscription : 17/01/2013
Age : 30
Localisation : Grenoble

MessageSujet: Re: [Jean Cocteau] Les enfants terribles   Sam 19 Jan - 12:45

J'ai lu ce livre en même temps qu'Anne Sophie!

A la sortie du collège, un groupe d’élève trouble le calme d’une rue enneigée dans une bataille de boules de neige qui tourne au pugilat. Soudain, en recevant une boule en pleine poitrine, Paul s’effondre. Son ami Gérard s’empresse de dénoncer Dargelos, le caïd de la classe, qui aurait mis une pierre dans la boule de neige. Mais à peine relevé, Paul nie: impossible pour lui de dénoncer Dargelos pour qui il a une admiration sans borne. Il n’est donc pas ravi de devoir rester à la maison suite à sa blessure et de ne plus le voir. Le voici enfermé avec Elisabeth, sa grande soeur. Leur mère infirme étant à peine consciente, les deux enfants sont complètement livré à eux-mêmes. Commence alors une étrange existence, cloîtrés dans une chambre qui tient autant de la Cour des Miracles que du débarras, sans aucune règle ni aucune limite, dans laquelle le frère et la soeur ne cessent de se provoquer, de se déchirer et de se rechercher, dans une relation fusionnelle, passionnelle et exclusive. Gérard ne s’éloigne jamais beaucoup, car à son admiration pour Paul succède un amour malheureux pour Elisabeth. Mais rien ne semble devoir séparer le frère et la soeur qui ne cessent de se détruire.

Cet étrange conte a de quoi déstabiliser. La langue ornée et onirique de Cocteau demande un temps d’adaptation. Le huis-clos qu’il décrit a tout pour créer le malaise. Les sentiments des personnages sont exacerbés à la limite du sublime, en ce sens qu’ils suscitent autant l’admiration que l’horreur. L’anarchie dans laquelle vivent les enfants oscille elle aussi entre l’absurde et le terrifiant: désordre, repas n’importe quand à base de n’importe quoi, provocation ouverte à ceux qui les entourent, bagarres, c’est à se demander comment Mariette, la petite bonne, parvient à ramasser derrière eux et à leur faire encore à manger sans claquer la porte. L’attente désespérante dans laquelle se tiennent Gérard ou Agathe, l’orpheline rattachée un peu plus tard au petit groupe et qui tombe amoureuse de Paul, est déchirante. Et pourtant j’ai été très intriguée par ce pouvoir qu’ont les deux enfants de se plonger dans un monde qui n’appartient qu’à eux, de faire d’une pièce qui ne ressemble à rien un véritable sanctuaire où le monde ne les atteint pas, où un trésor sacré est gardé, où leur union ne peut être troublée par quiconque convoitera le frère ou la soeur. Et même lorsque le monde extérieur les rattrape, sous la forme d’un adulte qui les emmène en vacances, ou d’un mari, le pouvoir du “trésor” semble inévitable.

Un livre pour le moins déroutant.
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