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 [Patrick Eris] Les arbres, en hiver

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Walkyrie
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MessageSujet: [Patrick Eris] Les arbres, en hiver   Dim 9 Oct - 21:25

Année d'édition : 2016
Edition : Wartberg
Nombre de pages : 214
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Dans les montagnes du Jura, par un long hiver enneigé, on tue des familles de façon particulièrement violente. Un tueur en série d’un genre nouveau… En temps normal, une telle affaire mobiliserait les foules et la police. Sauf que dans une société en pleine dégénérescence ou seul compte un jeu de téléréalité qui obsède la nation, personne ne s’inquiète de ce qui se passe au fin fonds de la plouquie…
Seul un adjudant de gendarmerie et ses subordonnés décident de lutter contre l’indifférence générale. Même s’ils sont complètement dépassés par la situation, ils vont s’acharner à découvrir la vérité et sauver des vies. Et notre adjudant de gendarmerie a pour lui un avantage : il parle à la forêt, et la forêt lui parle… 

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Walkyrie
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MessageSujet: Re: [Patrick Eris] Les arbres, en hiver   Dim 9 Oct - 21:26

Dans les arbres en hiver, Patrick Eris raconte au premier abord une enquête d’un gendarme à la poursuite d’un tueur en série qui commet des familicides dans un Jura campagnard et paisible. Mais, finalement cet aspect passe au second plan, car l’auteur profite surtout de cette histoire pour amener des réflexions judicieuses et intelligentes sur une société dégénérescente ou peuplée de dégénérés (c’est selon les points de vue) mais aussi développer l’apprentissage d’un simple gendarme qui n’a pas les épaules taillées pour faire ce genre d’enquête, mais qui, lâché par tous, se voit dans l’obligation de s’y mettre. Ajoutez à cela, une poésie naturaliste, une évocation de la nature, de la forêt, de l’âme qu’elle recèle, douce, pacifique, paisible et cela donne un contraste intéressant entre la violence humaine et la douceur de la nature.

Dans un petit village du Jura en plein hiver, un gendarme et deux de ses adjoints passent leur journée dans la routine quotidienne de la gendarmerie. Rien ne se passe si ce n’est quelques querelles de couples ou des animaux disparus, rien de bien passionnant à l’horizon. Le « scooby Gang » amputé depuis peu d’un membre, se retrouve bien malgré eux à gérer des meurtres de familles entières violents et macchabrement mis en scène.
« Leurs têtes sont tombés en avant, leurs cous flasques incapables de les tenir, comme s’ils contemplaient les horribles plaies qui leur ont enlevé la vie. Des coupures profondes cisaillent les chairs violacées faites à l’aide d’un instrument tranchant bien aiguisé. »

Décontenancés, perdus, ils ne reçoivent aucune aide des autorités supérieures et n’ont pas d’autre choix que d’enquêter dans l’indifférence la plus extrême. Les médias et la curiosité du peuple sont tous tournés vers « Le rameau doré », une émission de télé-réalité qui captive les foules bien davantage que les faits divers extrêmes, surtout quand ceux – ci se passent au fin fond du Jura. Quand on vit dans la Plouquie jurassienne, les meurtres, on ne connaît pas, quand en plus ils s’accumulent et ciblent des familles entières : père, mère et enfants, ce devrait être l’attraction, la chose qui traîne sur toute les langues alimentant les cancans campagnards et pourtant là ce n’est pas du tout le cas. C’est l’indifférence générale. Alors l’équipe de la gendarmerie se retrouve seule à gérer ces drames et à tenter de trouver le coupable.
« Je crois que nous avions encore du mal à admettre la réalité. Un massacre ici, en plein cœur de la grande Plouquie internationale ? »

Notre narrateur, le chef de la gendarmerie locale est un personnage à part, s’étant perdu plus jeune dans la forêt où il vécut une semaine en osmose voire en symbiose avec cette forêt profonde et mystérieuse, depuis il s’est éloigné du contact humain. Il est un peu dans son monde, solitaire, rejoignant souvent cette forêt pour quelques moments de plénitude et de sérénité. Un étroit lien semble les lier, un rappel à la simplicité, à la nature, face aux horreurs qu’il doit vite affronter seul. On sent là aussi que l’auteur connaît son sujet, les descriptions sont superbes et poétiques, on s’évade avec notre gendarme dans cette forêt ou aux abords de ce lac décrit avec précision, tellement que l’on a l’impression d’y être.
« Une assurance totalement irrationnelle, mais je sentais que la forêt était à nouveau avec moi. J’étais son chevalier blanc, celui qui allait la purger de cette corruption qui la minait (…). »

Car le héros va vite se prendre au jeu de l’enquêteur, parler avec un journaliste de l’affaire, chercher des indices, faire des recherches sur internet. Des recherches qui amèneront à des réflexions et à un apprentissage sur les tueurs en série, le narrateur apprend mais le lecteur aussi. Un aspect, ma fois très sympathique, il y a un côté éducatif, avec des faits réels, des hommes ou femmes bien réels aussi, l’auteur nous plonge ainsi dans les tourments que vit son personnage principal, avec au passage quelques clins d’oeil bien connus.
« Soudain, je revis un passage d’un vieux film que j’avais vu lorsque j’étais encore à l’école de police, où Alain Chabat énonçait d’un air pénétré : « Je suis quasiment sûre que nous avons affaire à un sérial killer » ces deux derniers mots avec un horrible accent. (…) Mais ce soir-là, cela n’avait rien d’amusant. »

Ce n’est donc pas tant l’enquête qui emporte le lecteur mais son personnage principal, un personnage un peu spirituel avec son lien avec la forêt mais aussi intelligent et ayant une soif d’apprendre, s’intéressant aux choses, se lançant corps et âmes dans une enquête qui le dépasse, pourchassant un tueur monstrueux qu’il ne sait où chercher. L’auteur dresse une évolution très intéressante de son personnage.

On s’immisce également dans les pensées du tueur ? D’une de ses proies en captivité ? Un profil psychologique trouble. C’est diabolique, on y parle de monstre, d’enfermement, de manipulation, on ne sait plus trop s’il s’agit de songes ou plutôt de cauchemars, de pensées d’un aliénés ou juste du ressenti d’une victime. L’auteur aime ça et le fait très bien, jouant sur la corde sensible entre la psychologie et le paranormal.
« Je cours, cours dans un labyrinthe écarlate fait de troncs ressemblants à des coulures de sang séché. Tout autour de moi, une respiration haletante qui est peut-être la mienne. Ou celle de mon poursuivant. Car quelqu’un me traque dans ce décor sanguinolent. Quelqu’un qui marque de son empreinte ce paysage à vif. Quelqu’un qui, avec la logique aberrante propre aux rêves , semble capable d’entrer et sortir d sol lui-même tel un requin dans l’océan. »

En bref, un roman noir sombre et efficace, qui sous ses airs de polar régional, dresse avant tout avec intelligence une peinture bien navrante d’une société qui peu à peu se perd dans ses propres bêtises. Les dernières phrases de l’auteur sont teintées d’un futur peut-être pas si lointain, un regard avant gardiste et alarmant du devenir possible de notre société. Inquiétant mais tellement réaliste.
« Selon un rituel  bien élaboré, la populace s’empressait de brûler ce qu’elle avait adoré. Et au passage découvrir ce que le gouvernement avait fait passer en douce pendant qu’ils dormaient. »

Je remercie l’auteur pour ce généreux cadeau qui m’aura fait passer un très bon moment !

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